


Visuellement ébouriffant, Gears of War: E-Day assure un retour aux sources matérialisé par une immersion au plus près de la guerre, en pleine invasion d’une force alors inconnue. Le récit en devient presque poignant et on retrouve avec bonheur le duo formé par Dom et Marcus. En coopération, Gears of War: E-Day a tout du plaisir coupable, bien aidé par un gameplay calibré aux petits oignons et amélioré par quelques retouches bienvenues. On sent néanmoins que The Coalition n’a pas voulu prendre de risques inconsidérés. Pire, le studio est coupable d’inhiber sa formule dans des portions ouvertes inintéressantes à souhait et pas du tout adaptées à ce que l’on aime tant dans Gears of War. À savoir : ces longs couloirs bien réalisés remplis de Locustes à éviscérer. C’est quand il retrouve l’essence d’antan que Gears of War: E-Day est à son meilleur. Et c’est encore, voire beaucoup, mieux à deux.
Comment peut-on être aussi content et déçu de retrouver Ace Combat après toutes ces années ? Trop parfait héritier d’une série qui a largement fait ses preuves au fil des décennies, Wings of Theve assure et enthousiasme tout autant qu’il étonne par son immobilisme et sa torpeur créative. La relative rareté de la série fait un peu passer la pilule et ce serait mentir que de nier le plaisir que l’on ressent aux commandes de ces chasseurs surpuissants. Mais la sensation de jouer toujours à la même chose depuis tout ce temps pourra vite émousser les joueurs et joueuses qui attendaient bien légitimement quelque chose de plus de ce huitième épisode.
Avec Townfall, Screen Burn livre une vision de Silent Hill absolument fascinante, sublime et angoissante. Si l’on retrouve tous les grands marqueurs de la série, le studio écossais les a intégrés et repensés pour créer une aventure étonnamment variée et dynamique. En variant les lieux, les situations, en imaginant des énigmes singulières et en emballant le tout dans une direction artistique éblouissante, Townfall s’impose tout simplement comme un des meilleurs épisodes de cette saga en pleine renaissance.
En 2019, Control posait les bases solides d’un univers à la direction artistique marquante, porté par une narration intelligente. En 2026, Control Resonant continue de bouleverser les codes, en s’offrant le luxe de changer à la fois de lieu et de héros. La charismatique Jesse cède sa place à son frère tourmenté, prénommé Dylan. Remedy Entertainment prouve une fois encore qu’il maîtrise l’art de donner naissance à des expériences singulières. Dans le sillage d’Alan Wake 2, plus axé sur l’horreur et l’absurde, Control Resonant s’affirme comme une nouvelle masterclass. On prend un plaisir constant à incarner le virevoltant Dylan dans un Manhattan en proie à des distorsions et à des fragmentations. On ne peut qu’applaudir.
Qu’il est immense, ce nouvel épisode de Fire Emblem. Fortune’s Weave est un opus très ambitieux, qui pousse la formule de la saga comme jamais auparavant. Avec sa direction artistique soignée, son histoire généreuse, ses personnages attachants et son contenu colossal, Intelligent Systems signe une aventure tactique aussi riche que chronophage. C’est d’ailleurs là son seul défaut — qui n’en est pas un, finalement : avec son avalanche de systèmes à assimiler et plus d’une centaine d’heures pour en voir le bout, Fortune’s Weave demande un véritable investissement et ne peut pas vraiment se jouer en dilettante. Il n’est bien sûr pas nécessaire de faire l’histoire avec les quatre personnages principaux, mais le jeu vous encourage à le faire à de multiples reprises. Mais si vous avez le temps et l’envie de vous plonger dans un JRPG tactique optimisé de partout et aussi généreux, difficile de ne pas voir en Fortune’s Weave l’un des grands crus de la saga, et tout simplement l’un des meilleurs jeux de la Switch 2.
Pour un jeu avec le statut d’exclusivité du catalogue de la PS5, Marvel’s Wolverine est un sacré raté. Séduisant sur la forme, mais loin d’être irréprochable, le jeu d’Insomniac Games est paralysé par son gameplay basique et répétitif. C’est fun de jouer un Wolverine furieux et violent, mais ça ne l’est que pendant quelques minutes. Un vrai problème, sur la longueur.À cela s’ajoutent des défauts liés à la narration, à la structure, au rythme… Autant d’éléments qui transforment le premier constat positif en un sentiment de gâchis. Wolverine est-il suffisamment intéressant à jouer et à suivre pour mériter un jeu au format blockbuster ? La proposition d’Insomniac Games prouve que non. Et la chute n’en est que brutale quand on repense aux qualités des jeux Spider-Man, du même studio;
Pour son tout premier jeu, Rebel Wolves nous propose un vrai fils spirituel de The Witcher 3: Wild Hunt, RPG avec lequel il partage la finesse d’écriture, la volonté d’établir un univers sombre et un héros qui cache un monstre en lui. The Blood of Dawnwalker pose des bases assez solides, en termes de narration et de concept, pour devenir une saga centrée sur un héros qu’on prend beaucoup de plaisir à découvrir.Néanmoins, The Blood of Dawnwalker souffre de vrais problèmes au niveau de ses combats, dont le gameplay peine à convaincre sur la longueur. Il manque aussi d’un peu de soin dans les finitions, notamment dans la partie visuelle, entre les animations manquant de naturel et les expressions faciales d’un autre temps. En fermant les yeux sur ces quelques défauts, il s’affirmer comme un bon premier épisode.
Avec le reboot Onimusha: Way of the Sword, Capcom entend redonner ses lettres de noblesse à une saga qui a brillé durant l’ère PlayStation 2. Sur les plans technique, graphique et acoustique, la firme nippone a tout donné. Son jeu d’épéiste impressionne par la fidélité et la qualité de ses animations. L’immersion dans des combats grisants est totale.On aurait simplement aimé que le gameplay, d’une profondeur bienvenue, ne se noie pas dans une structure répétitive et un peu trop remplie. À trop vouloir saupoudrer Onimusha: Way of the Sword d’éléments tirés du genre RPG, Capcom accouche d’une proposition bancale sur certains points. Au global, c’est quand même un sacré retour au premier plan.
Avec Resonance: A Plague Tale Legacy, la licence phare d’Asobo Studio s’offre une préquelle de bonne facture après deux opus franchement réussis mais dont on peinait à imaginer une suite directe. Capable d’offrir une aventure résolument nouvelle et portée par une proposition d’ensemble efficace plus portée sur l’action que l’infiltration, le nouveau jeu des développeurs bordelais peine cependant quelque peu à s’offrir une véritable identité tant ses influences (Uncharted, Assassin’s Creed ou encore, plus étonnamment, Resident Evil) sont trop visibles. Si le gameplay s’avère très agréable manette en mains, et que Sophia est une héroïne particulièrement plaisante à incarner, la relative prévisibilité du scénario couplée à une certaine pauvreté d’écriture des personnages secondaires empêche cette préquelle dépaysante de véritablement nous transcender. La faute, également, à un accent trop important mis sur des phases dans le passé spectaculaires mais peu intéressantes à jouer, et qui tranchent radicalement avec l’aventure de Sophia dans un « présent » où exploration, combat et énigmes s’enchaînent franchement bien. On peut cependant espérer que Asobo tire le meilleur de cette expérience prometteuse, au vu des espoirs que la fin du jeu (qu’on espérait un peu se terminer comme il le fait) nous livre en vue d’une autre aventure de Sophia.
Star Wars Zero Company s’impose comme une excellente surprise pour qui cherche à retrouver la tension des grands jeux de tactique au tour par tour dans l’univers de la Guerre des Clones. En combinant la rigueur d’un XCOM avec une vraie liberté dans la gestion des points d’action et une ambiance de mercenaires particulièrement soignée, le titre de Bit Reactor livre une copie d’une grande générosité. Malgré quelques lourdeurs dans la gestion du vaisseau et une formule qui préfère sublimer ses classiques plutôt que de réinventer le genre, la formule fonctionne à merveille et garde sous tension jusqu’au bout.
Mortal Shell 2 est l’archétype de la suite qui a tout compris. Après un premier opus qui a fait office de laboratoire et de tentative méritante, Cold Symmetry revient avec une proposition qui améliore considérablement tous les points. Surtout, Mortal Shell 2 s’inspire d’Elden Ring dans l’exploration, qui laisse une liberté appréciable à ceux qui oseront s’y aventurer. On louera tout autant les combats, dynamiques et qui ont la bonne idée d’abandonner la jauge d’endurance. Le système des enveloppes est bien pensé et Mortal Shell 2 offre une personnalisation assez poussée pour qui a envie de peaufiner son Héraut. Bref, il a les arguments d’un bon soulslike, ce qui n’est jamais garanti d’avance dans le genre.
En refusant catégoriquement de lisser son expérience pour séduire le grand public ou de céder aux sirènes du Fast-FPS moderne, Expression Games et Team17 signent un coup de maître. Hell Let Loose: Vietnam est une simulation militaire exigeante, viscérale et profondément gratifiante pour quiconque accepte d’en respecter les règles. Une œuvre majeure qui prouve qu’un jeu vidéo de guerre est d’autant plus marquant lorsqu’il ose être inconfortable, éprouvant et authentique.
Ah, qu’il est bon de replonger dans Halo. Cette sensation unique de défourailler du Covenant à la pelle, ces décors majestueux, ces musiques toujours aussi grandioses et cet univers si attachant. Pour celles et ceux qui ont connu l’épisode original de 2001, Halo: Campaign Evolved est un remake que l’on parcourt avec autant de plaisir que l’original. La nostalgie est ici au cœur de l’expérience — les dialogues et musiques restent inchangés — et le bonheur de retourner dans l’un des grands jeux de notre adolescence est immédiat. Pour les autres, qui découvriraient la série avec cet épisode, Halo: Campaign Evolved est une capsule temporelle enterrée depuis 25 ans, dont la mise en scène a pris un méchant coup de vieux. Trop confiant dans le statut culte du titre de la première Xbox, Halo Studios n’a pas pris la peine de changer la forme de son récit. Heureusement, Halo: Campaign Evolved est également, et avant tout, un jeu vidéo et, du côté de son gameplay, il n’a pas pris une ride, et c’est bien là l’essentiel. Un très grand jeu à redécouvrir d’urgence.
Avec Splatoon Raiders, Nintendo tient une vraie belle exclusivité pour la Switch 2 ! Proposé à un tarif plus abordable que bon nombre de ses exclusivités, le shooter céphalophode de la firme japonaise propose une expérience rafraîchissante, jouissive manette en mains, où le sentiment de progression constant est particulièrement satisfaisant. Jamais frustrant grâce à une structure intelligente qui sait se renouveler et proposer une belle variété de situations, Splatoon Raiders remplit son contrat en tant qu’opus pensé pour le jeu solo sans pour autant oublier une dimension coopérative facultative qui a pour seul tort de devenir quasiment nécessaire si l’on veut en débloquer l’intégralité du contenu et poncer un post-game plus généreux qu’il n’en a l’air. Reste à voir si vous adhérez à une formule de gameplay ultra fun mais dont il faut quand même appréhender l’univers, et si vous ne serez pas rebuté par cette direction artistique désespérément grisâtre que les explosions de couleur dans tous les sens, couplées à la solidité technique bluffante d’un titre sublimé par la Switch 2, font heureusement vite oublier. En ce qui nous concerne, le pari du jeu Splatoon solo est plus que réussi, et sa durée de vie très solide pour un titre vendu à petit prix lui confère peut-être le meilleur rapport qualité/prix de toutes les exclusivités de la console. De quoi chaudement le recommander comme le jeu de l’été annuel du côté de chez Nintendo !
Qu’il est compliqué de juger ce Star Fox, d’autant plus qu’avec cette énième réinterprétation d’un jeu culte d’un autre âge, Nintendo courait le risque du remake de trop. Si le travail de remise au goût du jour d’un classique de la Nintendo 64 est réussi, avec une mise en scène spectaculaire qui donne presque l’impression de jouer à un « triple A Nintendo », on ne peut que s’interroger sur ce choix de ressortir sur Switch 2 un titre dont la durée de vie, le contenu à débloquer et le potentiel de rejouabilité n’attireront qu’un panel de joueurs clairement imité.Extrêmement court, et un peu bloqué dans des mécaniques de game design archaïques que Velan Studios a cependant bien repensées pour les moderniser, Star Fox pourra peut-être vous séduire afin de découvrir dans les meilleures conditions une aventure sympathique (et une licence que le film Super Mario Galaxy aura contribué à ressusciter) et à un tarif plus doux que d’habitude. Espérons juste que nous n’aurons pas à réécrire le même bilan mitigé quand le remake d’un autre classique de la Nintendo 64 sortira sur Nintendo Switch 2. Si l’on peut se montrer conciliant vis-à-vis de ce qui reste une licence secondaire, on ne tolérera pas quelque chose d’aussi basique quand viendra l’heure de redécouvrir un certain Ocarina of Time…
Yoshi and the Mysterious Book nous a fait honnêtement très peur. En donnant l’impression initiale de reprendre le concept particulièrement casse-gueule d’un Yoshi’s Story fort décrié en son temps, sans challenge ou presque et axé sur des niveaux n’ayant pas de véritable fin, ce nouvel épisode d’apparence très enfantin signé Good-Feel constitue en vérité un vent de fraîcheur déroutant au sein d’une licence (et d’un genre) qui ne pouvait plus se contenter de simplement renouveler sa direction artistique à chaque nouvel opus.Porté par une proposition de gameplay franchement innovante bien qu’encore perfectible sur certains aspects, cette nouvelle exclusivité Nintendo Switch 2 s’avère beaucoup plus dépaysante et fascinante qu’elle n’en avait initialement l’air, preuve qu’il ne faut décidément pas juger un livre à sa couverture. Sauf bien sûr si l’aspect purement visuel vous le vend, auquel cas ce nouveau Yoshi sera une de vos grandes satisfactions de l’année, tant sa créativité folle s’avère constamment réjouissante. S’il n’est peut-être pas le meilleur jeu la licence – cette appréciation dépendra grandement de ce que vous attendez de cette dernière – Yoshi and the Mysterious Book en est en tout cas de très loin le plus original et audacieux, et ce livre rempli de surprises porte drôlement bien son nom. Prenez juste le temps d’en lire toutes les pages, car il serait dommage de s’arrêter à un premier chapitre modérément emballant et pas toujours clair sur ses intentions : les suivants en valent clairement la chandelle, et vous ne voudrez plus le refermer avant d’avoir tout lu.
Développé en collaboration avec l’ESA, l’Agence spatiale européenne, Aphelion séduit par sa réalisation, ébouriffante quand il s’agit de rendre l’humain riquiqui dans des environnements hostiles gigantesques, et son histoire, ô combien captivante.Mais il déçoit tout autant sur le volet du gameplay. Aphelion cherche parfois un peu trop la variété pour son propre bien, avec des séquences au ressenti médiocre, pour ne pas dire frustrant parfois.
Développé par Housemarque, qui maîtrise tellement bien l’école du gameplay, Returnal était l’un des meilleurs jeux du catalogue de la PS5. Saros, sa suite spirituelle, est une véritable masterclass, une version 2.0 qui gomme tout ce qui a été reproché à Returnal pour aboutir à une formule proche de la perfection. Plus beau, doté d’une meilleure narration, moins frustrant, Saros surclasse son aîné.Surtout, Saros profite des fondations de son prédécesseur en termes de gameplay. En résulte un jeu d’action aux sensations incroyablement satisfaisantes, tant dans les phases de tir pures que dans les quelques séquences de voltige. Saros reste un pur plaisir à jouer, un modèle d’exploitation de la DualSense et une vraie claque artistique. Bravo Housemarque !Numerama est un site internet de jeux vidéo édité en France
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