


Ceci est un 8 du cœur (d'ailleurs tiens, prends ton label). N'y voyez pas une amnésie sélective des divers défauts abordés par l'auteur de ce test : aussi embêtantes certaines de ces contraintes ont-elles pu être, elles font in fine pâle allure face à la maestria des divers facteurs de réussite ici étalés. Certes, la présentation visuelle a parfois des tendances anachroniques, et l'on retrouve quelques uns des travers majeurs de la fine équipe derrière The Witcher 3 (inventaire affreux, petit manque de variété dans les patterns et le bestiaire entre autres). Nonobstant ces déconvenances, elles ne sauraient cacher la profondeur narrative à embranchements folle dépeinte ici, aidée par un système de combat réussi, une direction artistique au poil (que ce soit visuellement ou au niveau de l'ambiance sonore) et une palette de personnages follement attachante. The Blood of Dawnwalker, c'est en essence un rappel salvateur et complètement dans l'air du temps : la clé de tout succès pour un jeu, c'est avant tout de s'assumer comme tel.
Sans réinventer la roue, Resonance : A Plague Tale Legacy confirme l'insolente maestria technique d'Asobo et livre une aventure méditerranéenne visuellement éblouissante, magnifiée par l'une des plus belles partitions d'Olivier Derivière (d'ores et déjà candidate à la plus belle BO de l'année pour votre serviteur). Plus vive et plus complexe que le duo Amicia/Hugo, Sophia porte à bout de bras un récit mythologique au rythme bien plus maîtrisé que ses aînés, et qui réserve quelques belles surprises d'écriture. Dommage que le titre s'égare dans une surcouche RPG insipide (et inutile) et des combats sans grand frisson, là où son efficacité narrative et l'équilibre maîtrisé entre exploration et énigmes suffisaient amplement à notre bonheur.
Hélas, The Sinking City 2 s'avère être un pas en arrière pour le studio Frogwares. Pas vraiment au niveau de la note (c'est le même score que le précédent épisode) mais plutôt en termes d'identité. Désireux d'atteindre de nouveaux joueurs, Frogwares s'embourbe dans un mauvais TPS qui essaie de tutoyer les ténors du genre sans pour autant arriver à leur cheville, quand bien même il emprunte généreusement la structure consacrée d'un Resident Evil (et autres héritiers). De Lovecraft, il ne reste qu'une ville sous les eaux, quelques mots en langue étrangère et des ennemis à tête de poiscaille. À qui s'adresse le jeu, finalement ? Voilà une question qui hantera mes nuits.
Est-ce que Marvel Tokon : Fighting Souls saura éclipser les jeux de Capcom ? Non, probablement pas. Ils sont bien trop cultes. Mais Arc System Works impose son style d'une assez jolie manière en optant pour les combats en 4v4, en mobilisant toute la puissance de feu créatrice de ses artistes ainsi qu'en proposant une histoire finalement pas mal troussée, en tout cas, pour des combats de Playmobil (car, ne nous leurrons pas, il s'agit aussi d'ouvrir son coffre à jouets pour opposer Spider-Man à Magnéto). Une jolie corde supplémentaire à l'arc de PlayStation... à condition de passer le lancement PC sous silence, évidemment. Ce qui arrange peut-être Sony.
Big Walk, c'est le genre de jeux qu'on aimerait pouvoir oublier à l'instant où on l'a terminé pour pouvoir le redécouvrir à nouveau. House House maîtrise totalement son objectif de nous offrir un jeu hautement social, aussi bien pendant les moments d'exploration et de balade que lors des puzzles. Il y un grain de folie dans un savoir-faire inégalable dans l'utilisation de nos sens et une approche intriguante d'une gestuelle virtuelle qui fait de cette expérience très singulière quelque chose qui vous marquera pendant longtemps. Trouvez-vous des camarades de jeu motivés et lancez-vous, c'est la meilleure décision que vous pourrez prendre cet été.
À défaut d'être original, Halo : Campaign Evolved est remake super solide. En soignant la forme, et en peaufinant habilement le fond, Halo Studios offre au Major une vraie cure de jouvence et nous propose ici la version définitive d'un monument du jeu vidéo. 25 ans plus tard, et alors que certains défauts persisent, le plaisir d'arpenter l'anneau sacré et d'affronter les Covenants reste intact. Si les nouveautés se font maigres, elles viennent néanmoins enrichir une expérience de haute volée, sublimée par l'Unreal Engine 5. Tout n'est pas parfait, loin de là, mais ça reste très prometteur et on ne peut que se montrer excités à l'idée de découvrir l'avenir de Masterchief sous ses nouvelles couleurs.
Finalement, pour un premier spin-off, Splatoon Raiders arrive à faire le job en s'inspirant du mode Salmon Run tout en apportant sa petite touche au gameplay déjà excellent de la franchise, bien qu'on aurait peut-être aimé avoir une histoire qui tienne un peu plus sur la longueur. À défaut de cela, la rejouabilité reste assez présente avec les différents niveaux de difficulté qui serviront à remplir la collection à 100% ou à tester les nombreux builds possibles. Maintenant, reste à savoir si celui-ci vaut ses 50 euros. Tout dépend de ce que vous cherchez dans un jeu Splatoon. Si c'est l'aspect multijoueur compétitif, c'est possible que ce spin-off ne soit pas fait pour vous, mais si c'est une expérience solo ou coopérative qui vous intéresse, cet opus peut clairement valoir le coup.
Solide remake pour Assassin's Creed Black Flag, qui modernise efficacement cette aventure là où elle en avait besoin sans pour autant dénaturer sa formule classique. C'est à travers plein de petits détails, plutôt que des grandes révolutions, que se fait ce travail de remise au goût du jour, même si on peut compter sur des gros morceaux comme une refonte graphique de toute beauté sur l'Anvil Engine ou l'ajout d'un chapitre supplémentaire. Pour autant, c'est aussi sur les mêmes petits détails que l'on voit que certains points ont été négligés, avec encore et toujours cette satanée IA. Nous avons néanmoins affaire à une superbe expérience pour ceux n'ayant jamais joué au jeu de base.
Est-ce que Rhythm Paradise Groove est la dernière grande exclusivité indispensable de la première Switch ? Non. Mais vous auriez tort de passer à côté de cette proposition, si rafraîchissante dans un océan de titres cyniques et de jeux multijoueurs qui ne respectent pas votre temps. C'est de la bonne humeur par micro-capsules chimiquement pures, à ingérer sans modération. Si la gestion du scoring et de la difficulté est passée « au feeling », le contenu des mini-jeux reste d'une précision atomique, sans jamais oublier de venir tirer un sourire.
Forcément, quand on propose le remake d'un excellent jeu, le résultat final ne peut être que plaisant. Surtout quand on ne touche pas à un pixel de la structure de l'original. Pour autant, les quelques nouveautés apportées ne sont pas des arguments de vente incontestables, que ce soit les nombreuses cinématiques ou un mode multi sympa, mais dont on a vite fait le tour. Reste alors la direction artistique qui s'avère franchement réussie et permet de magnifier et mettre en avant à quel point Star Fox 64 était déjà une solide expérience vidéoludique à son époque.
Difficile de croire que c'est bien Doinksoft qui a réalisé Dark Scrolls. Après le charme rétro de Gato Roboto et l'ingénieux gameplay de Gunbrella, j'aurais pensé que le studio avait trouvé la recette, mais cette nouvelle production n'est tout simplement pas à la hauteur des précédents jeux du studio. Entre un manque alarmant d'informations sur à peu près tout, ce qui réduit grandement le plaisir de débloquer de nouveaux objets (utiles ou inutiles ? qui sait !), et un gameplay bateau en solo avec des sacs à PV en guise de boss, le roguelite est brouillon au mieux. Au moins, c'est pas cher.
Quelle que soit la note d'intention originelle de la team Asano lors de la confection de The Adventures of Elliot : The Millennium Tales, elle n'aura été que partiellement respectée. Outre le fait d'employer la mécanique de voyage entre les ères comme un raccourci de design plutôt qu'en véritable élément narratif cohérent, la dernière épopée en HD-2D se perd dans une répétitivité outrageuse, qui poussera le joueur à réitérer l'exploration des mêmes zones à plusieurs reprises ; et ce ne sont pas les quelques variations sporadiques en fonction des ères qui sauront empêcher l'overdose. Certes, il y a là une âme malgré tout, des systèmes qui fonctionnent et une certaine addiction dans le gameplay, cependant l'expérience s'étale en tant que décor que l'on retraverse, encore et encore, en attendant que l'histoire veuille bien commencer. Et c'est très bien quand ça commence vraiment. Mais dans bien des cas, ce sera déjà trop tard. "L'espoir est éternel", peut-on tirer comme morale du jeu. On aurait surtout préféré qu'il soit un peu plus pressé.
Quand un jeu est aussi séduisant sur les premières minutes, il y a souvent le petit instinct de la critique qui se réveille et murmure que « ça s'essoufflera avant la fin ». Mais loin de ralentir, Denshattack est une accélération perpétuelle sur les rails du kiff, un feu d'artifice permanent, avec des parcours arcade très léchés où trouver le high score demande autant de la rigueur que des réflexes et du skill. C'est l'idéal platonique du jeu type Dreamcast en 2026. Que dire, aussi, de sa bande-son lunaire, qui multiplie les styles sans jamais s'éloigner de son sujet ? C'est quasiment le sans faute, excepté une mécanique un peu bateau (parmi tant d'options géniales) et quelques bugs de collision qui peuvent aisément être corrigés sur le temps. À 19,99€, il n'y a pas de raisons de se retenir.
Bubsy 4D n'est pas encore l'épisode qui propulsera le lynx d'Atari au sommet des jeux de plateformes, c'est acquis. Pour autant, Fabraz livre une copie pleine de charme qui saura parler aux vétérans des années 1990 et aux accros sans concessions du style. Mais si vous restez hermétique à l'ambiance, que vous n'avez aucun atome crochu avec les platformers pourris de l'époque ou que vous n'avez pas l'intention de mater les contrôles pour arriver à vous déplacer convenablement, alors passez votre chemin : manger du félin, c'est un goût acquis...
Avec Zero Parades : For Dead Spies, ZA/UM réussit l'exploit de livrer un successeur à Disco Elysium sans se vautrer dans l'autoréférence, ni sacrifier sa densité et son intelligence, au détriment cependant d'une perte d'accessibilité. Outre la complexification de sa géopolitique (et l'écriture parfois moins évocatrice malgré de nombreux efforts), le jeu s'avère surtout être un commentaire métatextuel sur sa nature d'œuvre culturo-industrielle. Et là, tout de suite, quand on a besoin de dégainer les grands mots pour aborder l'intrigue, on sent qu'il y aura quelques passionnés qui seront laissés sur le carreau. Surtout en l'absence d'une localisation française au lancement. Pourtant, c'est aussi ce qui le sauve d'être « un clone de plus » dans un sous-genre déjà vivace et généralement de très belle facture. Zero Parades : For Dead Spies étreint son héritage et ses conditions de productions particulières pour les incorporer à son intrigue et à ses jeux d'espions. Ce qu'il perd en puissance évocatrice brute, il le retrouve en niveaux de lecture et en ludisme, sous une sublime direction artistique. Un beau monument à la résilience créative.
Ce LEGO Batman: L'Héritage du Chevalier Noir est une véritable lettre d'amour pour l'immense franchise de DC. Si vous êtes fans de l'homme chauve-souris, vous ne serez que comblés en retrouvant toutes ces références si emblématiques et qui ont traversé les décennies, et si vous faites partie des moins fans, alors ce jeu LEGO est un bon moyen pour découvrir l'histoire de Bruce Wayne, à la sauce LEGO, et de passer un bon moment. Contrairement aux anciens opus LEGO Batman, ce dernier propose un monde plus grand, un plus gros panel d'ennemis et de boss malgré des combats qui peuvent paraître répétitifs, et surtout, une histoire qui reprend quasiment tout de A à Z. Bref, un bon jeu à faire, avec bien évidemment, plein de quêtes annexes et de collectibles à chopper, comme tout bon jeu estampillé LEGO.
Forza Horizon 6 est l'apex de la formule inaugurée il y a 14 ans. Si vous êtes réfractaire au modèle de Playground Games, ce n'est pas cet épisode qui vous fera changer d'avis. Mais pour tous les autres, pour ceux qui ont la moindre appétence pour l'arcade, le Japon et les jeux de course monde ouvert, c'est un indispensable absolu. C'est, sans conteste, le meilleur jeu de la saga Forza. Il enterre la concurrence (très moyenne depuis des années, admettons-le) par sa générosité, roule sur le cadavre de la monotonie et nous offre enfin le Japon de nos fantasmes avec une maestria technique insolente. Le roi est de retour, et il a un mecha dans son rétroviseur.
Après la brochette bœuf-fromage, Skybound Games et Quarter Up ont inventé le burger-sashimi. Invincible VS répond à tous les critères du bon kusoge (matchs en 3v3, sensations bizarres, mécaniques cassées, personnages qui n'ont aucun sens...) et c'est presque malgré lui que l'on prend plaisir à jouer, à marteler sa manette dans tous les sens pour s'envoler et pulvériser la barre de vie de l'adversaire en faisant un peu n'importe quoi, avec la sensation qu'apprendre les mécaniques en profondeur ne donnerait pas un résultat beaucoup plus cohérent. Si je vous déconseille d'envisager l'esport sur le titre, c'est une belle option si vous aimez Invincible, ou si vous appréciez les jeux de combat foutraques et généreux en quelques pressions de boutons.Gamekult.com est un site internet de jeux vidéo édité en France
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